La grosse caisse

La grande Histoire de la grosse caisse

les prémices

Imaginez un champ de bataille du XVIème siècle où le grondement sourd d’un tambour géant fait trembler l’air bien avant que les épées ne s’entrechoquent. Attendez ! Ne vous emballez, pas, nous ne sommes pas (ou pas encore) dans les Highlands mais ailleurs : en France, en Prusse ou même aux frontières de l’Empire Ottoman. En effet à cette époque les armées marchent au son de ces instruments faits de bois et de peau tendues (comme le ventre de votre tonton !) et capables de marquer le pas des soldats, de les guider en donnant des ordres par leur rythme ou simplement d’effrayer ceux d’en face par leur seule présence.

La grosse caisse n’est pas née en Écosse, mais c’est bien là, entre les mains des Highlanders, qu’elle trouvera sa seconde vie et sa légende.

Car déjà à cette époque où le Moyen-Âge cède lentement et indistinctement sa place à la Renaissance en Europe, l’Écosse vibre déjà au son des cornemuses et des tambours (ancêtres des caisses claires d’aujourd’hui). Pourtant quelque chose manque : une profondeur et une puissance capable de porter la musique militaire plus loin dans les collines brumeuses et les par delà les lochs. Quand elle arrive en Écosse probablement aux alentours de 1700, la grosse caisse ajoute au paysage sonore des régiments Highlanders une profondeur encore inconnue dans les hautes terres.

Incorporés à l’armée britannique à partir de 1707, les régiments écossais et donc les pipe bands vont donner à la grosse caisse ses lettres de noblesse

La grosse caisse dans le monde moderne

Gros plan d'un détail de la grosse caisse. Une partie de la peau, avec "Orléans" écrit dessus est visible, ainsi qu'une partie du corps de caisse
Gros plan d’un détail de la grosse caisse. Une partie de la peau, avec « Orléans » écrit dessus est visible, ainsi qu’une partie du corps de caisse

Un peu délaissée avec la fin des conflits du XVIIIème, la grosse caisse renait lors de la création des pipe bands civils au XIXème siècle . Elle devient le centre rythmique du groupe, le battement de cœur qui unit cornemuses, caisses claires et tambours ténors (même si à l’ODPB nous n’avons pas de ténor. Intéressé.e ? On recrute ! Fin de l’intermède publicitaire ! Reprenons : ). Plus qu’un simple métronome, elle dialogue avec les cornemuses, elle souligne leurs phrases musicales et donnae de la profondeur et de la solennité.

Et comme c’est une large surface de peau tendue elle se pare des couleurs et des symboles des pipe bands tel le dos de Jean Gabin dans Le tatoué. A défaut d’étendard (on a beau être orléanais, nous ne sommes pas Jeanne d’Arc !) la grosse caisse identifie les pipe bands dans les rassemblements et les défilés. Ceux qui les ont portées savent que c’est bien plus : une tradition vivante, un lien tangible avec ceux qui, des siècles plus tôt, ont marché au son de ces mêmes tambours, dont Fred, notre grosse caisse, parle avec passion :

J’ai toujours aimé la musique celtique. C’est cette passion qui m’a conduit, presque par hasard, à rencontrer un pipe band il y a de cela plus de vingt ans maintenant. A cette époque j’avais déjà une formation de tambour d’harmonie. J’ai eu l’opportunité de rejoindre l’ODPB et ai pris le rôle de grosse caisse très à coeur. J’ai dû apprendre à apprivoiser cet instrument imposant, comprendre son rôle et accepter la responsabilité qu’il imposait. – Fred

La grosse caisse à l’ODPB

Notre référence spatiale et temporelle

Avec les prestations de Dihun Keltieg et nos défilés, la grosse caisse se met à bouger ! Saviez-vous que porter une grosse caisse en défilé, c’est un peu comme essayer de danser une jig avec un frigo sur le dos ? Les apparences sont trompeuses : derrière la rigueur du pas et la précision des frappes se cache un problème épineux et pourtant si simple pour les autres joueurs : voir devant soi ! Et cette masselotte dans la main qui a une forte envie d’aller voler de ses propres ailes ? En répétition on a déjà testé par mégarde : ça vole haut, … mais ça retombe vite !

En fin de compte, la grosse caisse est plus qu’un instrument : C’est à la fois un pilier, un repère visuel et un métronome qui guide le groupe dans les déambulations. Elle est massive et majestueuse lors des fêtes johanniques où son « grondement »boum » rythmé accompagne les marches. Et c’est une responsabilité dont Fred est bien conscient (à qui on laisse le mot de la fin sur cet article :

Fred et sa grosse caisse lors du défilé du 8 mai 2025
Fred et sa grosse caisse lors du défilé du 8 mai 2025

Sans que cela paraisse, cet instrument a une certaine exigence. En effet c’est elle qui donne la mesure et qui marque le tempo. Si j’accélère, ou si je ralentis, c’est moi qui emmène tout le reste du pipe band dans mon erreur. Je suis un pilier dans le sens où si je me plante, tout le monde se plante avec moi ! – Fred

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